POUR COMPRENDRE POURQUOI « LE NORD » ne rejoindra jamais « le sud », ce sont les Catalans du nord eux-mêmes qui l’ont peut être décidé !

D’OÙ VIENT LA LANGUE CATALANE ?

Jusqu’au milieu du Moyen Age, dans tout la région depuis l’Auvergne jusqu’à Barcelona on ne parlait au’ une seule et même langue : « le roman »  issus du latin, avec de nombreuses variantes suivant la localisation géographique. Après de longs débats (surtout en 1934 qui voulait faire du Catalan une langue particulière) aujourd’hui on s’accorde à dire que l’Occitan proviendrait du « gallo-roman-méridionnal » alors que le Catalan serait issu de « l’Ibéro-roman-septentrional » comme les dialectes portugais et espagnols.

 

HISTOIRE SUCCINCTE DE LA CATALOGNE.


Près de 4000 ans avant notre ère, les Ibères (venus du sud ?) ont envahi nos côtes méditerranéennes. Ils ont peu à peu perdu leur langue qui n’était pas d’origine indo-européenne au contact des Phéniciens et des grecs arrivés 2000 ans av JC.

En 208 av JC, les Cartaginois sont chassés par Scipion l’Africain au cours des guerres puniques. Mais il faudra 200 ans pour établir la « Pax romana » en Hispania.

C’est avec les romains que les premiers Juifs arrivent en terre catalane au début de l’Ere chrétienne, après avoir été emmenés en esclavage lors de la destruction du Temple par Titus.

Les Romains vont donc rester trois cents ans durant lesquels ils vont imposer leur langue, leurs lois, leur mode de vie, leur monnaie.

Les Romains tolèrent les juifs et leur religion, et en 212, l’empereur Carracalla les affranchit et leur donne la citoyenneté romaine moyennant un impôt: le « Fidus Judaïcus ».

 

LES INVASIONS

 

Au IVe siècle, c’est le début de la décadence romaine, et des hordes de Barbares venus du nord de l’Europe attaquent, pillent, et saccagent tout.

En 409 les Vandales et les Alains – en 412 les Wisigoths qui fondèrent en 415 le royaume de Barcelone. (Gotholonia  « Catalogne » qui veut dire terre des Goths)

Les Goths n’ont pas imposé leur langue mais ont adopté la langue du pays. Le « latin vulgaire » devenu le « roman » avec de nombreuses variétés locales.

Au VIIIè s, La langue romane de notre région a été influencée par les dialectes gothiques et franciques (les Francs de Charlemagne sont venus dans les « Marches hispaniques » lutter contre les Arabes) contrairement aux langues ibériques plus au sud. On ne peut parler de langue catalane avant la fin du VIIIè siècle à peu près concomitant avec l’invasion Arabe dans tout le sud de l’Europe.

711 : LES ARABES FRANCHISSENT LE DETROIT DE GIBRALTAR

Les Arabes (ou les Maures) traversent Gibraltar et en 7 ans ils détruisent le royaume Wisigoth de la péninsule. Ils n’arriveront dans les Baléares qu’en 903. Ils appellent cette terre nouvellement conquise « Al-Andaluz ». En 732 l’expansion Arabe vers le nord est bloquée à Poitiers par Charles Martel.

Les dialectes locaux vont emprunter à l’arabe de nombreux mots, surtout dans le sud de l’Espagne où les Arabes vont rester jusqu’à la fin du XVè s (1492).

Au cours de l’occupation arabe, le catalan a emprunté quelques centaines de mots arabes: «tour de guet», «douane», «riz», «sucre», «artichaut»), «pâte d’amande», «sirop», «matelas », «guitare» etc. La toponymie fut aussi très influencée par l’arabe avec tout un tas de préfixes.

Au IXè s, Non seulement les juifs parlent en catalan dans notre région, mais ils écrivent en catalan, et ce avec des caractères hébraïques, et surtout ils catalanisent leurs noms, même les plus religieux; ainsi, on ne s’appelle plus Yom-Tov mais Bon-jorn, on ne se nomme  Vidal, Astruc, Ribas… Mais dès le milieu du 14e siècle, les Juifs vont entrer dans les années noires.

 

 

CHERCHONS NOS ORIGINES ! Comme le fit G. Frêche.

Au nord des Pyrénées, les comtés Francs faisaient partie de la province de Septimanie (en latin Septimania), nom de la VIIe légion romaine qui y avait été originellement établie, mais aussi en raison des sept villes principales de l’époque : Narbonne (Narbona), Elne (Helna), Lodève (Lodeva), Carcassonne (Carcassona), Agde (Agde), Béziers (Baeterrae) et Maguelonne (Magalona). Cette région allait être occupée par les Arabes à partir de 719, mais reprise par les Francs de Charles Martel en 732. Au Xe siècle, elle devint le duché de Narbonne, puis fut rattachée aux comtes de Toulouse pour faire partie du domaine royal de France en 1229.

PROVINCES COMPOSANT La Septimanie au VIIIè s

(Chère à Georges Frèche avec juste raison)

 

  1. Royaume de Pampelune
  2. Comté d’Aragon
  3. Comté de Sobrarbe
  4. Comté de Ribagorça
  5. Val d’Aran
  6. Comté de Pallars
  7. Comté d’Urgell
  8. Comté de Cerdagne
  9. Comté de Besalu
  10. Comté de Peralada
  11. Comté de Ripoll
  12. Comté de Barga
  13. Comté d’Empuries
  14. Comté d’Osona
  15. Comté de Gérone
  16. Comté de Barcelone
  17. Comté de Roussillon
  18. Comté de Conflent
  19. Comté du Razès (Rasès)
  20. Comté de Carcassonne
  21. Comté de Narbonne (Narbona)
  22. Comté d’Agde et de Béziers
  23. Comté de Lodève (Lodeva)
  24. Comté de Melgueil
  25. Comté de Nîmes (Nimes)

 

(NDLR : si l’on considère avec un peu d’attention et de recul la proposition de G. Frêche si contestée par les Catalans eux-mêmes, on constate que l’unité des deux parties de la Catalogne aurait pu être revendiquée historiquement! N’aurait-elle pas fait une magnifique région de l’Europe ?)

À cette époque, tous ces comtés faisaient partie intégrante de l’Empire carolingien, particulièrement ce qui deviendra après la mort de Charlemagne la «Francie occidentale», alors que les autres régions de la péninsule Ibérique faisaient partie de l’émirat de Cordoue, à l’exception des Asturies et du Pays basque (indépendants). C’est pourquoi les comtés catalans conserveront un héritage culturel et linguistique particuliers par comparaison au reste de l’Espagne. La langue catalane sera davantage influencée, comme le français et l’occitan, par le francique.

Au IXè s le Comte Guifred el Pilos est considéré comme le fondateur de la Catalogne en construisant l’Etat Catalan autour de la capitale Barcelona, d’un drapeau « sang et or » et d’une langue le Catalan rejetant la suzeraineté des Francs et créant une dynastie qui va durer jusqu’en 1410 soit près de 5 siècles.

C’est avec le comte Borrell II (mort en 992) que la Catalogne deviendra un État totalement indépendant, alors que le dernier suzerain d’origine franque était Hugues Capet (mort en 996), fondateur de la dynastie capétienne.

À la même époque, soit aux XIe et XIIe siècles, les comtes de Barcelone, devenus les souverains de la Catalogne, entreprirent une ambitieuse politique d’expansion territoriale sur un vaste territoire du sud de la France actuelle. Ainsi, le comte Raimond Bérenger Ier (1022-1076) acheta en 1067 les comtés de Carcassonne et de Razès, et fit l’acquisition de plusieurs droits sur Narbonne, Toulouse et Béziers. Un siècle plus tard, en 1112, Raimond Bérenger III (1082-1131) acquit par son mariage avec Douce de Provence les droits des comtés de Gévaudan, de Millau, du Carladez et de la Provence. Il prit la ville de Majorque aux Baléares en 1114.

Peu à peu, les premiers textes rédigés en catalan firent leur apparition : il s’agit des Greuges de Guitard Isarn, senyor de Caboet (1080-1095. Il y a aussi le Jurament de pau i treva del comte Pere Ramon de Pallars Jussà al bisbe d’Urgell, daté probablement de 1098. Puis l’emploi d’éléments catalans dans des documents à caractère féodal. Le XIIe siècle vit arriver les premiers textes écrits en catalan à caractère juridique, ainsi que les premières traductions d’auteurs anciens. Dès le XI è s, le catalan était la langue de l’administration catalane et celle de la plus grande partie de la population.

La Catalogne amorça son déclin après la peste noire de 1348 qui fit 25 millions de victimes en Europe seulement. La peste a pu décimer jusqu’aux deux tiers de la population, en Aragon et en Catalogne, au cours de neuf vagues épidémiques qui se sont produites entre 1348 et 1401.

Conclusion

L’histoire de la langue catalane, comme c’est le cas de nombreuses autres langues  est intimement liée à celle des événements politiques et militaires.

-Entre le XIe et le XIVe siècle, le catalan vécut une longue période d’expansion due à la fois aux armées catalanes et au commerce florissant des bourgeois de la Catalogne.

-L’union de l’Aragon et de la Castille en 1459 a entraîné le début du déclin du catalan au profit du castillan.

-Plus tard, la guerre de Trente Ans (1618-1648) et le traité des Pyrénées (1659) fragilisèrent encore davantage la Catalogne.

-Ensuite, la guerre de Succession et l’avènement du Bourbon Philippe V (1683-1746), petit-fils de Louis XIV, au trône d’Espagne scellèrent le sort de la langue catalane.  La « castillanisation » gagna du terrain. Seule la principauté d’Andorre put résister au castillan et au français, protégée par ses montagnes des Pyrénées.

– En 1931, la proclamation de la Seconde République espagnole (1931-1939) permit aux Catalans de restaurer la « Generalitat de Catalunya » avec des compétences considérables et de récupérer le statut du catalan comme langue officielle perdu depuis des décennies. Mais la Seconde République ne survécut pas aux innombrables problèmes sociaux, économiques, culturels et politiques, qui accablaient l’Espagne depuis plusieurs générations. Le coup d’État de 1936 provoqua l’effondrement de la République et l’avènement de la guerre civile. La Catalogne connut alors l’une des périodes les plus tragiques de son histoire. Le général Franco étouffa toute velléité d’opposition et interdit brutalement l’usage public du catalan dans toute l’Espagne, et ce, jusqu’en 1975, l’année de sa mort.

– Le nouveau régime démocratique issu de la Constitution de 1978 permit non seulement la restauration du catalan en Catalogne, au Pays valencien et aux îles Baléares. Aujourd’hui, en dépit d’une forte immigration, seul le catalan du « Principat » semble en mesure de tenir tête au castillan, en raison du dynamisme économique de la population catalane, de son habileté politique et de ses ambitions européennes.

En France, Il est regrettable que beaucoup de monde parle d’indépendance de la Catalogne du nord ou du maintien de la Catalogne sud sous la coupe castillane, comme le fit M. Sarkozy, sans connaître les détails de l’histoire de ce magnifique pays. Le Nord de la Catalogne a depuis longtemps perdu ses racines avec le sud. Les revendications ne peuvent malheureusement pas être les mêmes ! Et il est amusant d’entendre de « vrais catalans » revendiquer des racines profondes et véritables… quand on sait que nous avons eu la chance d’être issus de nombreuses migrations tout au long de l’histoire, venant tant du sud que du nord et que ce salutaire mélange a fait des gens qui vivent en Catalogne des personnes ouvertes, de bon sens, courageuses et entreprenantes et non pas  comme cela aurait pu être la cas en restant enfermés sur nous-mêmes des demeurés congénitaux !

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