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L’ordi au lycée

L’actualité nous propose chaque jour une déclaration pour le moins surprenante de la part de nos élus. C’est certainement l’approche des élections qui les met ainsi en émoi et leur fait dire un peu n’importe quoi pour faire voir qu’ils sont là!
un sénateur disait hier sur une radio nationale qu’il était opposé à la fourniture d’un ordinateur aux élèves des classes de seconde car ils l’utilisaient à des fins personnelles, souvent sur les réseaux sociaux. Certes, le montant de la dépense est relativement élevé! mais certainement moins que l’entretien du Sénat de ses sénateurs et de ses dépendances! Aurait-on peur de la concurrence?
à la rigueur disait-il, il accepterait cette dépense si l’appareil ne pouvait servir uniquement qu’à recevoir les programmes de l’école. Mais, monsieur le sénateur, vous auriez dû vous poser la question de savoir si vous avez attribué les crédits nécessaires pour mettre en place les programmes adéquats? Existent-ils d’ailleurs? Et, parler comme vous le faites, dévoile largement que si vous utilisez « internet » c’est certainement par l’intermédiaire de votre secrétaire performante, qui a certainement appris en manipulant l’ordinateur qu’on lui a donné lors de son passage en seconde. Nous, les vieux « soixanthuitards », qui n’avons pas eu cette chance, harcelés par les problèmes du quotidien souvent politiques, ne sommes capables n’est-ce pas que d’utiliser la gomme et le crayon noir.
Si les élèves ne sont pas obligés d’accepter ce cadeau, au cas où ils en auraient déjà un, par contre, il est nécessaire de leur interdire de les vendre en assurant un contrôle facile, auquel cas, ils devraient rembourser .
Monsieur le Sénateur, certains hommes offrent un magnifique bijou à la personne qui les accompagne. Je considèrerais comme un goujat celui qui ferait un tel cadeau sous la condition expresse qu’elle ne le porte qu’en sa présence!
Allez! si les gamins utilisent leur portable en dehors de l’école, ils apprendront peut être: non seulement à s’en servir, mais aussi à y trouver des choses que nombre d’entre nous qui n’avons pas eu cette chance ne trouverons jamais et …rien ne sert de les jalouser sinon à se rendre ridicule! Il faut savoir vivre avec son temps.

COOP 21 la planète est (paraît-il) sauvée!

Avec la « COOP 21 » à Paris, le monde est paraît-il enfin totalement informé des dangers qui le menacent à la fin de notre siècle: « IL FAUT MOINS POLLUER SI ON VEUT SAUVER LA PLANETE ».
C’est pour venir dire cela que les américains on amené plus de 1000 personnes à Paris et transporté par avion (SVP) tout le matériel y compris les véhicules pour assurer leur survie durant ces pénibles travaux. Ne jetons pas la pierre aux américains, chaque délégation a certainement du faire pareil en fonction bien entendu de son niveau de vie. Quant à la France, pays endetté, ne regardons pas à la dépense de prestige que d’ailleurs nous ne connaîtrons jamais!
Les énergies renouvelables sont aujourd’hui au coeur du débat de la COP21 on les appelle communément les énergies non fossiles qui doivent prendre le relai du pétrole et du charbon.

L’enjeu est de parvenir à 40% d’énergies renouvelables. Mais il faut savoir que cela demandera dans les trente ans qui viennent d’extraire du sous-sol encore plus de matières premières non renouvelables, à un rythme qui pourrait ne pas être tenable, estiment certains experts qui pensent d’abord aux métaux rares nécessaires aux panneaux photovoltaïques et aux batteries pour stocker l’énergie produite, car il ne suffit pas de produire de l’énergie à des moments inutiles, encore faut-il stocker pour l’utiliser quand on en a besoin!

Mais ce n’est pas tout : une éolienne de nouvelle génération contient 1 500 tonnes d’acier, et du cuivre en pagaille notamment pour les câbles électriques, encore plus si la ferme éolienne est en mer ; pour produire un kilowatt-heure éolien, il faut 10 fois plus d’acier qu’une centrale électrique au gaz, 50 fois plus de cuivre, 9 0 fois plus d’aluminium, 15 fois plus de béton, c’est-à-dire aussi du sable, dont l’extraction mine déjà dangereusement les côtes maritimes.

Quant au recyclage des matériaux, la solution n’est pas encore au point ! et le recyclage pour l’instant et pour de nombreuses années encore nécessite une surconsommation…d’énergie fossile!

POUR COMPRENDRE POURQUOI « LE NORD » ne rejoindra jamais « le sud », ce sont les Catalans du nord eux-mêmes qui l’ont peut être décidé !

D’OÙ VIENT LA LANGUE CATALANE ?

Jusqu’au milieu du Moyen Age, dans tout la région depuis l’Auvergne jusqu’à Barcelona on ne parlait au’ une seule et même langue : « le roman »  issus du latin, avec de nombreuses variantes suivant la localisation géographique. Après de longs débats (surtout en 1934 qui voulait faire du Catalan une langue particulière) aujourd’hui on s’accorde à dire que l’Occitan proviendrait du « gallo-roman-méridionnal » alors que le Catalan serait issu de « l’Ibéro-roman-septentrional » comme les dialectes portugais et espagnols.

 

HISTOIRE SUCCINCTE DE LA CATALOGNE.


Près de 4000 ans avant notre ère, les Ibères (venus du sud ?) ont envahi nos côtes méditerranéennes. Ils ont peu à peu perdu leur langue qui n’était pas d’origine indo-européenne au contact des Phéniciens et des grecs arrivés 2000 ans av JC.

En 208 av JC, les Cartaginois sont chassés par Scipion l’Africain au cours des guerres puniques. Mais il faudra 200 ans pour établir la « Pax romana » en Hispania.

C’est avec les romains que les premiers Juifs arrivent en terre catalane au début de l’Ere chrétienne, après avoir été emmenés en esclavage lors de la destruction du Temple par Titus.

Les Romains vont donc rester trois cents ans durant lesquels ils vont imposer leur langue, leurs lois, leur mode de vie, leur monnaie.

Les Romains tolèrent les juifs et leur religion, et en 212, l’empereur Carracalla les affranchit et leur donne la citoyenneté romaine moyennant un impôt: le « Fidus Judaïcus ».

 

LES INVASIONS

 

Au IVe siècle, c’est le début de la décadence romaine, et des hordes de Barbares venus du nord de l’Europe attaquent, pillent, et saccagent tout.

En 409 les Vandales et les Alains – en 412 les Wisigoths qui fondèrent en 415 le royaume de Barcelone. (Gotholonia  « Catalogne » qui veut dire terre des Goths)

Les Goths n’ont pas imposé leur langue mais ont adopté la langue du pays. Le « latin vulgaire » devenu le « roman » avec de nombreuses variétés locales.

Au VIIIè s, La langue romane de notre région a été influencée par les dialectes gothiques et franciques (les Francs de Charlemagne sont venus dans les « Marches hispaniques » lutter contre les Arabes) contrairement aux langues ibériques plus au sud. On ne peut parler de langue catalane avant la fin du VIIIè siècle à peu près concomitant avec l’invasion Arabe dans tout le sud de l’Europe.

711 : LES ARABES FRANCHISSENT LE DETROIT DE GIBRALTAR

Les Arabes (ou les Maures) traversent Gibraltar et en 7 ans ils détruisent le royaume Wisigoth de la péninsule. Ils n’arriveront dans les Baléares qu’en 903. Ils appellent cette terre nouvellement conquise « Al-Andaluz ». En 732 l’expansion Arabe vers le nord est bloquée à Poitiers par Charles Martel.

Les dialectes locaux vont emprunter à l’arabe de nombreux mots, surtout dans le sud de l’Espagne où les Arabes vont rester jusqu’à la fin du XVè s (1492).

Au cours de l’occupation arabe, le catalan a emprunté quelques centaines de mots arabes: «tour de guet», «douane», «riz», «sucre», «artichaut»), «pâte d’amande», «sirop», «matelas », «guitare» etc. La toponymie fut aussi très influencée par l’arabe avec tout un tas de préfixes.

Au IXè s, Non seulement les juifs parlent en catalan dans notre région, mais ils écrivent en catalan, et ce avec des caractères hébraïques, et surtout ils catalanisent leurs noms, même les plus religieux; ainsi, on ne s’appelle plus Yom-Tov mais Bon-jorn, on ne se nomme  Vidal, Astruc, Ribas… Mais dès le milieu du 14e siècle, les Juifs vont entrer dans les années noires.

 

 

CHERCHONS NOS ORIGINES ! Comme le fit G. Frêche.

Au nord des Pyrénées, les comtés Francs faisaient partie de la province de Septimanie (en latin Septimania), nom de la VIIe légion romaine qui y avait été originellement établie, mais aussi en raison des sept villes principales de l’époque : Narbonne (Narbona), Elne (Helna), Lodève (Lodeva), Carcassonne (Carcassona), Agde (Agde), Béziers (Baeterrae) et Maguelonne (Magalona). Cette région allait être occupée par les Arabes à partir de 719, mais reprise par les Francs de Charles Martel en 732. Au Xe siècle, elle devint le duché de Narbonne, puis fut rattachée aux comtes de Toulouse pour faire partie du domaine royal de France en 1229.

PROVINCES COMPOSANT La Septimanie au VIIIè s

(Chère à Georges Frèche avec juste raison)

 

  1. Royaume de Pampelune
  2. Comté d’Aragon
  3. Comté de Sobrarbe
  4. Comté de Ribagorça
  5. Val d’Aran
  6. Comté de Pallars
  7. Comté d’Urgell
  8. Comté de Cerdagne
  9. Comté de Besalu
  10. Comté de Peralada
  11. Comté de Ripoll
  12. Comté de Barga
  13. Comté d’Empuries
  14. Comté d’Osona
  15. Comté de Gérone
  16. Comté de Barcelone
  17. Comté de Roussillon
  18. Comté de Conflent
  19. Comté du Razès (Rasès)
  20. Comté de Carcassonne
  21. Comté de Narbonne (Narbona)
  22. Comté d’Agde et de Béziers
  23. Comté de Lodève (Lodeva)
  24. Comté de Melgueil
  25. Comté de Nîmes (Nimes)

 

(NDLR : si l’on considère avec un peu d’attention et de recul la proposition de G. Frêche si contestée par les Catalans eux-mêmes, on constate que l’unité des deux parties de la Catalogne aurait pu être revendiquée historiquement! N’aurait-elle pas fait une magnifique région de l’Europe ?)

À cette époque, tous ces comtés faisaient partie intégrante de l’Empire carolingien, particulièrement ce qui deviendra après la mort de Charlemagne la «Francie occidentale», alors que les autres régions de la péninsule Ibérique faisaient partie de l’émirat de Cordoue, à l’exception des Asturies et du Pays basque (indépendants). C’est pourquoi les comtés catalans conserveront un héritage culturel et linguistique particuliers par comparaison au reste de l’Espagne. La langue catalane sera davantage influencée, comme le français et l’occitan, par le francique.

Au IXè s le Comte Guifred el Pilos est considéré comme le fondateur de la Catalogne en construisant l’Etat Catalan autour de la capitale Barcelona, d’un drapeau « sang et or » et d’une langue le Catalan rejetant la suzeraineté des Francs et créant une dynastie qui va durer jusqu’en 1410 soit près de 5 siècles.

C’est avec le comte Borrell II (mort en 992) que la Catalogne deviendra un État totalement indépendant, alors que le dernier suzerain d’origine franque était Hugues Capet (mort en 996), fondateur de la dynastie capétienne.

À la même époque, soit aux XIe et XIIe siècles, les comtes de Barcelone, devenus les souverains de la Catalogne, entreprirent une ambitieuse politique d’expansion territoriale sur un vaste territoire du sud de la France actuelle. Ainsi, le comte Raimond Bérenger Ier (1022-1076) acheta en 1067 les comtés de Carcassonne et de Razès, et fit l’acquisition de plusieurs droits sur Narbonne, Toulouse et Béziers. Un siècle plus tard, en 1112, Raimond Bérenger III (1082-1131) acquit par son mariage avec Douce de Provence les droits des comtés de Gévaudan, de Millau, du Carladez et de la Provence. Il prit la ville de Majorque aux Baléares en 1114.

Peu à peu, les premiers textes rédigés en catalan firent leur apparition : il s’agit des Greuges de Guitard Isarn, senyor de Caboet (1080-1095. Il y a aussi le Jurament de pau i treva del comte Pere Ramon de Pallars Jussà al bisbe d’Urgell, daté probablement de 1098. Puis l’emploi d’éléments catalans dans des documents à caractère féodal. Le XIIe siècle vit arriver les premiers textes écrits en catalan à caractère juridique, ainsi que les premières traductions d’auteurs anciens. Dès le XI è s, le catalan était la langue de l’administration catalane et celle de la plus grande partie de la population.

La Catalogne amorça son déclin après la peste noire de 1348 qui fit 25 millions de victimes en Europe seulement. La peste a pu décimer jusqu’aux deux tiers de la population, en Aragon et en Catalogne, au cours de neuf vagues épidémiques qui se sont produites entre 1348 et 1401.

Conclusion

L’histoire de la langue catalane, comme c’est le cas de nombreuses autres langues  est intimement liée à celle des événements politiques et militaires.

-Entre le XIe et le XIVe siècle, le catalan vécut une longue période d’expansion due à la fois aux armées catalanes et au commerce florissant des bourgeois de la Catalogne.

-L’union de l’Aragon et de la Castille en 1459 a entraîné le début du déclin du catalan au profit du castillan.

-Plus tard, la guerre de Trente Ans (1618-1648) et le traité des Pyrénées (1659) fragilisèrent encore davantage la Catalogne.

-Ensuite, la guerre de Succession et l’avènement du Bourbon Philippe V (1683-1746), petit-fils de Louis XIV, au trône d’Espagne scellèrent le sort de la langue catalane.  La « castillanisation » gagna du terrain. Seule la principauté d’Andorre put résister au castillan et au français, protégée par ses montagnes des Pyrénées.

– En 1931, la proclamation de la Seconde République espagnole (1931-1939) permit aux Catalans de restaurer la « Generalitat de Catalunya » avec des compétences considérables et de récupérer le statut du catalan comme langue officielle perdu depuis des décennies. Mais la Seconde République ne survécut pas aux innombrables problèmes sociaux, économiques, culturels et politiques, qui accablaient l’Espagne depuis plusieurs générations. Le coup d’État de 1936 provoqua l’effondrement de la République et l’avènement de la guerre civile. La Catalogne connut alors l’une des périodes les plus tragiques de son histoire. Le général Franco étouffa toute velléité d’opposition et interdit brutalement l’usage public du catalan dans toute l’Espagne, et ce, jusqu’en 1975, l’année de sa mort.

– Le nouveau régime démocratique issu de la Constitution de 1978 permit non seulement la restauration du catalan en Catalogne, au Pays valencien et aux îles Baléares. Aujourd’hui, en dépit d’une forte immigration, seul le catalan du « Principat » semble en mesure de tenir tête au castillan, en raison du dynamisme économique de la population catalane, de son habileté politique et de ses ambitions européennes.

En France, Il est regrettable que beaucoup de monde parle d’indépendance de la Catalogne du nord ou du maintien de la Catalogne sud sous la coupe castillane, comme le fit M. Sarkozy, sans connaître les détails de l’histoire de ce magnifique pays. Le Nord de la Catalogne a depuis longtemps perdu ses racines avec le sud. Les revendications ne peuvent malheureusement pas être les mêmes ! Et il est amusant d’entendre de « vrais catalans » revendiquer des racines profondes et véritables… quand on sait que nous avons eu la chance d’être issus de nombreuses migrations tout au long de l’histoire, venant tant du sud que du nord et que ce salutaire mélange a fait des gens qui vivent en Catalogne des personnes ouvertes, de bon sens, courageuses et entreprenantes et non pas  comme cela aurait pu être la cas en restant enfermés sur nous-mêmes des demeurés congénitaux !

la langue catalane

Jusqu’au milieu du Moyen Age, le Catalan et l’Occitan ne faisaient qu’une seule et même langue : « le roman » dialectes issus du latin avec de nombreuses variantes suivant la localisation. Après de longs débats (surtout en 1934 qui voulait en faire du Catalan une langue particulière) aujourd’hui on s’accorde à dire que l’Occitan proviendrait du « gallo-roman-méridionnal » alors que le Catalan serait issu de « l’Ibéro-roman-septentrional » comme les dialectes portugais et espagnols.
Près de 4000 ans avant notre ère, les Ibères (venus du sud ?) ont envahi nos côtes méditerranéennes. Ils ont peu à peu perdu leur langue qui n’était pas d’origine indo-européenne au contact des Phéniciens et des grecs arrivés 2000 ans av JC qui ont appelé cette région « Iberia ».

En 208 av JC, les Cartaginois sont chassés par Scipion l’Africain au cours des guerres puniques à partir d’Emporion. Mais il faudra 200 ans pour établir la « Pax romana » en Hispania.
En Hispania citerior (N-E de la péninsule) les habitants s’adaptent rapidement à la langue latine. C’est différent en Hispania Ulterior (sud et ouest) en 19 av JC la péninsule est divisée en 3 provinces : « Tarraconensis – Baetica – Lusitania »
Histoire des juifs en Pays Catalan.
C’est avec les romains que les premiers Juifs arrivent en terre catalane au début de l’Ere chrétienne, après avoir été emmenés en esclavage lors de la destruction du Temple par Titus.
La légende voudrait qu’ils aient été sur la Péninsule mille ans plus tôt, venus à la recherche de bois précieux pour la construction du Temple de Salomon. Mais il n’en existe aucune preuve historique.
Les Romains vont donc rester trois siècles, trois cents ans durant lesquels ils vont imposer leur langue, leurs lois, leur mode de vie, leur monnaie.
Les Romains tolèrent la religion juive, et en 212, l’empereur Carracalla les affranchit et leur donne la citoyenneté romaine moyennant un impôt: le « Fidus Judaïcus ».
Au 4e siècle, c’est le début de la décadence romaine, et des hordes de Barbares venus du nord de l’Europe attaquent, pillent, et saccagent tout. Les Celtes puis les Wisigoths envahissent la Péninsule et l’anarchie y règne.

Comment et où vivaient les Juifs ? Le Call – ou ghetto, vient de l’hébreu « Kahal »: rassemblement.
Le call est une petite ville dans la ville, entourée par des murs assez hauts, fermée par une porte toujours close à la tombée de la nuit. Aucune fenêtre juive ne doit donner sur les rues chrétiennes avoisinantes. La place est restreinte et, lorsque la population augmente, il n’y a plus qu’une solution, surélever les bâtiments, et ainsi naissent les premiers immeubles », petites maisons de trois ou quatre étages, groupées autour d’un patio, avec un puits, des vignes et un jardin potager où poussent aussi quelques plantes médicinales pour les tisanes ou onguents nécessaires aux premiers soins.
Chaque call possède sa Synagogue, un Talmud-Thora, un bain public, un petit hôpital qui sert d’hospice aux vieillards seuls et d’hostellerie aux Juifs de passage, ainsi qu’une maison des pauvres. Une boucherie et le four collectif complètent le tout. Le cimetière est toujours hors de la ville, si possible sur un monticule ou une colline qu’on dénomme en Catalogne: Montiuich, ou Fossar dels Jeus.
L’organisation interne du call est bien agencée. Il se compose d’un Conseil des Trente, formé à moitié d’Anciens et à moitié d’hommes choisis par la communauté pour les diriger. Puis viennent les Juges chargés des problèmes internes. Puis les Secrétaires ou Trésoriers à qui incombe la lourde charge de répartir les impôts, les prélever, et les remettre aux représentants de l’autorité royale. Puis on trouve le Clavaire chargé de la police interne et de la voirie. Enfin, une Confrérie de bénévoles s’occupe des défunts. Côté religieux, les Rabbins et les professeurs de Talmud-Thora.

Le juif usurier ou financier ?

Le gros problème des communautés est le paiement des impôts et des taxes. Les Juifs sont pressurés de toute part. Le roi fixe les impôts d’une communauté pour toute une an­née et c’est aux trésoriers de répartir les char­ges parmi la population. Outre la taille, impôt foncier dû au roi comme tout autre citoyen, on compte :
– un tribu annuel dû au roi et fixé par lui; c’est en somme la continuation du « Ficus Judaï-
cus » romain
– les impôts et taxes supplémentaires en cas de sécheresse, de famine ou de guerre
– la « garde-robe » de la comtesse-reine car il ne faut pas oublier que les Juifs sont la « pro­priété » du roi
– les « Gênas » ou déplacements du roi, de la cour et de sa suite
– le « Cabestanum », taxe annuelle fixée à Pâque et proportionnelle à la quantité d’or,
d’argent, de bijoux appartenant au call, y compris ce qui est dans la synagogue
– le « Cens » versé à l’évêque pour la possession d’un cimetière.
Une grande partie de la richesse du trésor royal vient du prélèvement de ces taxes, et l’un des souverains disait: « Nos Juifs sont notre tiroir-caisse ».
On a, à tort, assimilé le Juif à l’usurier. S’il est vrai que c’est un métier qu’il a souvent pratiqué, il ne faut pas oublier qu’on ne lui permettait, à certaines périodes, de ne rien exercer d’autre. Mais en Catalogne, le taux de l’intérêt était fixé chaque année par décret royal et le pouvoir local, l’Église ou le roi lui-même, ne dédaignaient pas d’emprunter de très fortes sommes aux Juifs.

La catalanisation de ces communautés. Non seulement ils parlent en catalan, mais ils écrivent en catalan, et ce avec des caractères hébraïques, et surtout ils catalanisent leurs noms, même les plus religieux; ainsi, on ne s’appelle plus Yom-Tov mais Bon-jorn, on ne se nomme plus Haïm mais Vidal, Mazel-Tov mais Bon Astruc… Mais dès le milieu du 14e siècle, les Juifs vont entrer dans les années noires.
Le déclin
En 1348, se déclarent successivement trois épidémies de peste. Les morts se comptent par milliers. Or, les Juifs ont leurs puits, et les règles d’hygiène sont telles qu’au début ils sont moins atteints que la moyenne de la population et cela provoque la suspicion, et de là à les accuser d’avoir empoisonné les puits des Chrétiens, il n’y a qu’un pas fort rapidement franchi.
Le feu de l’antisémitisme s’allume alors, attisé par une haine féroce entretenue par les ecclésiastiques. Cette flambée embrase, du sud vers le nord, tout le pays. Aux cris de « à feu et à sang » et de « le baptême ou la mort », les pogroms se succèdent, ils font tâche d’huile. Durant l’été 1391, les calls du royaume catalano-aragonais sont attaqués, pillés, brûlés, les habitants sont égorgés et certains ne sauvent leur vie qu’en acceptant le baptême. Même les interventions royales ne peuvent rien contre ces masses en furie stimulées par des prêtres hystériques parmi lesquels se trouve le trop fameux Vincent Ferrier. En quelques jours, il ne reste plus rien des calls de Barcelone, Ma­jorque, Lérida ou Perpignan. Cette plaie ne se refermera jamais.
Les survivants essayeront de se regrouper ; nombreux seront ceux qui émigreront vers l’Afrique du Nord. C’est ainsi que le grand Rabbin de Majorque, Simeon Duran fondera la première communauté juive algéroise. Les nouveaux convertis sont appelés les Mar­ranes. Ils ne sont pas admis par les Chrétiens qui les soupçonnent de judaïser en secret, et ils sont séparés des autres Juifs. C’est là que commence cet épisode épouvantable qu’est la période inquisitoriale. L’Église craint (souvent à juste titre) que ces nouveaux Chrétiens ne continuent de judaïser en secret. Elle va les surveiller, les espionner, faire appel à la délation.
Certains Juifs se sont convertis sincèrement, certains même feront du zèle et il n’y aura pas plus antijuifs qu’eux.
L’effondrement de l’Empire romain, provoqua de Grandes invasions de peuples venus du nord (germaniques): en 409 les Vandales et les Alains – en 412 les Wisigoths qui fondèrent en 415 le royaume de Barcelone. (Gotholonia è « Catalogne » qui veut dire terre des Goths)
Les Goths n’ont pas imposé leur langue mais ont adopté la langue du pays. Le « latin vulgaire » est devenu « roman » avec de nombreuses variétés locales.
La langue romane de notre région a été influencée par les dialectes gothiques et franciques (les Francs de Charlemagne sont venus lutter contre les Arabes pour défendre les « Marches hispaniques ») contrairement aux langues ibériques plus au sud. On ne peut parler de langue catalane avant le VIIIè siècle à peu près concomitant avec l’arrivée des Arabes en Hispania.
711
Les Arabes (ou les Maures) traversent Gibraltar et en 7 ans ils détruisent le royaume Wisigoth de la péninsule. Ils n’arriveront dans les Baléares qu’en 903. Ils appellent cette terre nouvellement conquise « Al-Andaluz ». En 732 l’expansion Arabe vers le nord est bloquée à Poitiers par Charles Martel.
Les dialectes locaux vont emprunter à l’arabe de nombreux mots, surtout dans le sud où les Arabes vont rester jusqu’à la fin du XVè s (1492).
Le Catalan est devenu une langue à la fin du VIIIè s grâce aux premiers écrits.
Au cours de l’occupation arabe, le catalan a emprunté quelques centaines de mots arabes: talaia («tour de guet»), duana («douane»), albarà («bordereau de livraison»), arròs («riz»), sucre («sucre»), carxofa («artichaut»), alfàbega («basilic»), massapà («pâte d’amande»), xarop («sirop»), safata («plateau»), matalàs («matelas), guitarra («guitare»), etc. La toponymie fut aussi très influencée par l’arabe avec les préfixes Beni-, Bini-, et Al-: Benimel·là, Binissalem, Alcúdia, etc. Sans oublier les anthroponymes du type Mesquida, Rufat, Borja, etc.
CHERCHONS NOS ORIGINES !
Au nord des Pyrénées, les comtés Francs faisaient partie de la province de Septimanie (en latin Septimania), nom de la VIIe légion romaine qui y avait été originellement établie, mais aussi en raison des sept villes principales de l’époque : Narbonne (Narbona), Elne (Helna), Lodève (Lodeva), Carcassonne (Carcassona), Agde (Agde), Béziers (Baeterrae) et Maguelonne (Magalona). Cette région allait être occupée par les Arabes à partir de 719, mais reprise par les Francs de Charles Martel en 732. Au Xe siècle, elle devint le duché de Narbonne, puis fut rattachée aux comtes de Toulouse pour faire partie du domaine royal de France en 1229.
La Septimanie (Chère à Georges Frèche avec juste raison)
1. Royaume de Pampelune
2. Comté d’Aragon
3. Comté de Sobrarbe
4. Comté de Ribagorça
5. Val d’Aran
6. Comté de Pallars
7. Comté d’Urgell
8. Comté de Cerdagne
9. Comté de Besalu
10. Comté de Peralada
11. Comté de Ripoll
12. Comté de Barga
13. Comté d’Empuries
14. Comté d’Osona
15. Comté de Gérone
16. Comté de Barcelone
17. Comté de Roussillon
18. Comté de Conflent
19. Comté du Razès (Rasès)
20. Comté de Carcassonne (Carcassona)
21. Comté de Narbonne (Narbona)
22. Comté d’Agde et de Béziers
23. Comté de Lodève (Lodeva)
24. Comté de Melgueil
25. Comté de Nîmes (Nimes)

À cette époque, tous ces comtés faisaient partie intégrante de l’Empire carolingien, particulièrement ce qui deviendra après la mort de Charlemagne la «Francie occidentale» (« Francia Occidentalis »), alors que les autres régions de la péninsule Ibérique faisaient partie de l’émirat de Cordoue, à l’exception des Asturies et du Pays basque (indépendants). C’est pourquoi les comtés catalans conserveront un héritage culturel et linguistique particuliers par comparaison au reste de l’Espagne. La langue catalane sera davantage influencée, comme le français et l’occitan, par le francique.
Au IXè s le Comte Guifred el Pilos est considéré comme le fondateur de la Catalogne en construisant l’Etat Catalan autour de la capitale Barcelona, d’un drapeau « sang et or » et d’une langue le Catalan rejetant la suzeraineté des Francs et créant une dynastie qui va durer jusqu’en 1410 soit près de 5 siècles.
C’est avec le comte Borrell II (mort en 992) que la Catalogne deviendra un État totalement indépendant, alors que le dernier suzerain d’origine franque était Hugues Capet (mort en 996), fondateur de la dynastie capétienne.
À la même époque, soit aux XIe et XIIe siècles, les comtes de Barcelone, devenus les souverains de la Catalogne, entreprirent une ambitieuse politique d’expansion territoriale sur un vaste territoire du sud de la France actuelle. Ainsi, le comte Raimond Bérenger Ier (1022-1076) acheta en 1067 les comtés de Carcassonne et de Razès, et fit l’acquisition de plusieurs droits sur Narbonne, Toulouse et Béziers. Un siècle plus tard, en 1112, Raimond Bérenger III (1082-1131) acquit par son mariage avec Douce de Provence les droits des comtés de Gévaudan, de Millau, du Carladez et de la Provence. Il prit la ville de Majorque aux Baléares en 1114.
Peu à peu, les premiers textes rédigés en catalan firent leur apparition : il s’agit des Greuges de Guitard Isarn, senyor de Caboet (1080-1095), ce qui correspondrait en français aux «Doléances de Guitard Isarn, seigneur de Caboet». Il y a aussi le Jurament de pau i treva del comte Pere Ramon de Pallars Jussà al bisbe d’Urgell, ce qui signifie «Serment de paix et trêve du comte Pere Ramon de Pallars Jussà à l’évêque d’Urgell», daté probablement de 1098. Puis l’emploi d’éléments catalans dans des documents à caractère féodal, avant tout des serments et des doléances, s’étendit progressivement. Le XIIe siècle vit arriver les premiers textes écrits en catalan à caractère juridique, ainsi que les premières traductions. Dès le XI è s, le catalan était la langue de l’administration catalane et celle de la plus grande partie de la population. Dès cette époque, le catalan s’affirmait face au latin, au castillan, à l’aragonais et à l’occitan. Avec le développement des villes, le catalan devint la langue de la littérature religieuse et juridique, ainsi que des affaires commerciales méditerranéennes.
Un autre événement historique allait marquer l’histoire de la Catalogne: l’union en 1137 du royaume d’Aragon et de la Catalogne. En vertu du traité, le comte de Barcelone, Ramon Berenguer IV, (1113-1162), devait épouser Pétronille d’Aragon (1136-1164), l’héritière du royaume d’Aragon; le comte de Barcelone héritait de la couronne d’Aragon, même si Pétronille décédait avant le mariage qui eut lieu en 1150. Ramon-Bérenger IV gouverna l’Aragon, sans en être roi, car il préféra porter le titre de «comte de Barcelone» et «prince du royaume d’Aragon». Mais il fut le dernier monarque catalan à utiliser en premier lieu le titre de «comte de Barcelone». Alphonse II d’Aragon (1157-1196), le fils de Ramon-Béranger IV, devint le premier souverain de la Couronne d’Aragon, portant simultanément les titres de comte de Barcelone, comte du Roussillon et roi d’Aragon.
Contrairement aux usages de l’époque, la Couronne d’Aragon développa un mode d’administration très décentralisé, une sorte de confédération arago-catalane, dans le but de répondre aux grandes différences politiques, économiques et linguistiques des deux parties de la Couronne : l’Aragon et la Catalogne.
À partir de 1212, la Reconquête espagnole (appelée Reconquista) prit de l’expansion et les terres progressivement abandonnées par les musulmans furent colonisées par les habitants venus du Nord. Les langues d’oc (ou langues occitanes) ont donné naissance au gascon, au languedocien….Le Catalan est resté la langue de Barcelona.
La Catalogne amorça son déclin après la peste noire de 1348. Cette pandémie fut à l’origine transmise par des bateaux génois en 1347, puis elle se répandit dans les ports méditerranéens, avant de se généraliser dans toute l’Europe occidentale : au total, 25 millions de victimes en Europe seulement, et autant en Asie. En Espagne, la peste a pu décimer jusqu’aux deux tiers de la population, en particulier en Aragon et en Catalogne, au cours de neuf vagues épidémiques qui se sont produites entre 1348 et 1401. Dans le Royaume d’Aragon, environ 40 % des habitants ont été victimes de la peste. De fait, les épidémies, les pestes, les révoltes paysannes, le banditisme et les incursions turques finirent par fragiliser gravement la Catalogne. Forcément, les ravages dus à la peste noire eurent des conséquences sur le nombre des locuteurs du catalan en réduisant considérablement les effectifs.
Conclusion
L’histoire de la langue catalane, comme c’est le cas de nombreuses autres langues (anglais, français, espagnol, portugais, russe, allemand, etc.) est intimement liée à celle des événements politiques et militaires.
-Entre le XIe et le XIVe siècle, le catalan vécut une longue période d’expansion due à la fois aux armées catalanes et au commerce florissant des bourgeois de la Catalogne.
-L’union de l’Aragon et de la Castille en 1459 a entraîné le début du déclin du catalan au profit du castillan (espagnol). Dès lors, il devenait presque impossible pour les Catalans de s’opposer militairement aux armées des souverains castillans.
-Plus tard, la guerre de Trente Ans (1618-1648) et le traité des Pyrénées (1659) fragilisèrent encore davantage la Catalogne.
-Ensuite, la guerre de Succession et l’avènement du Bourbon Philippe V (1683-1746), petit-fils de Louis XIV, au trône d’Espagne scellèrent le sort de la langue catalane dans tout le pays devenu très centralisé au profit des autorités de Madrid et de la langue castillane.
-Par la suite, la « castillanisation » gagna du terrain dans toute l’Espagne accentuant ainsi le déclin du catalan réduit au statut d’une simple langue régionale. Seule la principauté d’Andorre put résister au castillan et au français, protégée par ses montagnes des Pyrénées.
-Le milieu du XIXe siècle vit apparaître en Catalogne et un peu partout en Espagne des mouvements autonomistes. En 1931, la proclamation de la Seconde République espagnole (1931-1939) permit aux Catalans de restaurer la « Generalitat de Catalunya » avec des compétences considérables et de récupérer le statut du catalan comme langue officielle perdu depuis des décennies. Mais la Seconde République ne survécut pas aux innombrables problèmes sociaux, économiques, culturels et politiques, qui accablaient l’Espagne depuis plusieurs générations. Le coup d’État de 1936 provoqua l’effondrement de la République et l’avènement de la guerre civile. La Catalogne connut alors l’une des périodes les plus tragiques de son histoire. Le général Franco étouffa toute velléité d’opposition et interdit brutalement l’usage public du catalan dans toute l’Espagne, et ce, jusqu’en 1975, l’année de sa mort.
– Le nouveau régime démocratique issu de la Constitution de 1978 permit non seulement la restauration du catalan en Catalogne, au Pays valencien et aux îles Baléares. Aujourd’hui, dans les 17 communautés autonomes, certaines d’entre elles ont pu conserver leur langue co-officielle comme la Catalogne, le Pays valencien et les îles Baléares. Parmi toutes les langues régionales d’Espagne – le basque, le galicien, le catalan des îles Baléares et celui du Pays valencien –, seul le catalan du « Principat » semble, en dépit d’une forte immigration « castillanophone », en mesure de tenir tête au castillan, en raison du dynamisme économique de la bourgeoisie catalane, de son habileté politique et de ses ambitions européennes. Il est probable que ce succès de la langue catalane ait une effet d’entraînement pour les autres langues. Mais ce n’est pas encore gagné !
En France, Il est regrettable que beaucoup de monde ignorant parle d’indépendance de la Catalogne ou de son maintien sous la coupe castillane sans connaître l’histoire de ce magnifique pays. La Catalogne du Nord a depuis longtemps perdu ses racines avec celle du sud. Les revendications ne peuvent malheureusement plus être les mêmes !